Fabienne Berquier, redonner le sourire à ceux qui ont tout perdu

A la Croix-Rouge française, nous pensons que toutes les vies sont fragiles. Elles peuvent être bouleversées par une catastrophe, un accident, une rupture, une maladie, des violences. Les enjeux climatiques renforcent ces meurtrissures de l’humanité et révèlent les liens avec celles de la planète. Nous partageons cette vulnérabilité entre personnes humaines, mais aussi avec notre environnement.

Dans ce premier épisode nous allons à la rencontre de Fabienne Berquier. Après avoir été directrice d’hôpital à Arras, elle s’engage à la Croix-Rouge et devient pendant 1 an  vice -présidente en charge des établissements. Depuis 8 ans, elle est  présidente de la délégation territoriale de la Croix-Rouge dans le Pas de Calais.  Elle va nous raconter pourquoi être sur le terrain et gérer les situations d’urgence est devenu son engagement quotidien.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média, présenté par Sophie-Alex Bacquer. Anaïs Meynier a tourné, écrit et monté cet épisode. La production a été supervisée par Eloise Normand, avec la contribution de Raphaël Sayada, Flore Kalfon, et Giulio Zucchini. Marine Quéméré a assuré la composition musicale du générique et Nicolas Vercambre des nappes sonores. Il a également réalisé et mixé cet épisode. L’illustration est de Marie Artuphel.

La Cour Pénale Internationale comme dernier rempart

“C'est un privilège de travailler pour une institution qui est trop importante pour échouer.” Olivier Randon est juriste au sein de la Cour Pénale Internationale (CPI). Créée le 17 juillet 1998 via la signature par 120 États du statut de Rome, cette institution est l'aboutissement de près de cinquante ans de construction d'une justice internationale, sur laquelle le juriste revient dans cet épisode. 
Au sein du greffe de la CPI, le service qui permet à la Cour de mener à bien ces procès publics et équitables, Olivier Randon a travaillé sur de nombreux dossiers, portant sur le conflit au Darfour, l’armée de résistance du Seigneur en Ouganda ou encore les populations Rohingyas du Myanmar déplacées au Bangladesh. Dans toutes ces procédures, une constante demeure : la place particulière accordée aux victimes dans ce processus de justice. “On doit veiller à ne pas faire plus de mal aux victimes dans nos interactions avec elles et à éviter de leur causer plus de traumatismes ou de souffrances. (...) Il y a un vrai défi qui est de savoir comment arriver à traduire de la manière qui fait le plus de sens pour les gens, les textes qu'on a dans les cours et les droits qui sont théoriques, comment arriver à les mettre en pratique dans des environnements opérationnels qui sont très complexes.” Mais le travail d'Olivier auprès des victimes n'est qu'une partie de tout celui mené par l'institution, dont le but est d'aboutir à des procès. Entre enquêtes, mandats d'arrêt et réparations : comment fonctionne la Cour Pénale Internationale ? Et face aux critiques qui lui sont parfois opposées, quels sont les défis qu’elle doit relever ?

Les ressources citées dans cet épisode : 

  • Article 1 du Statut de Rome : Il est créé une Cour pénale internationale en tant qu'institution permanente, qui peut exercer sa compétence à l'égard des personnes pour les crimes les plus graves ayant une portée internationale. Elle est complémentaire des juridictions pénales nationales. 

  • Le témoignage d’un délégué du Comité International de la Croix-Rouge, lorsqu’en 1975, Phnom Penh tombe aux mains des Khmers rouges. 

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. Cet épisode a été tourné, écrit et monté par Marion Bothorel. Nicolas Vair en a fait la réalisation et le mix. Marine Quéméré a composé le générique de Clichés. L’illustration de cette saison est de Marine Coutroutsios. Elsa Berthault est à la coordination et l’édition, avec la contribution de Colline Beytout, Caroline Brandao et Giulio Zucchini.

Cyber : la guerre du futur est déjà là

Cyberguerre : le mot fait peur, semble presque futuriste. Des opérations coordonnées par ordinateurs, anéantissant des réseaux informatiques à coups de virus qui prolifèrent. Pourtant, ces armes et méthodes de guerre sont d’ores et déjà utilisées, et le Droit International Humanitaire (DIH) - aussi appelé “droit des conflits armés” - l’a progressivement pris en compte. Mais pour tenter de suivre les transformations du monde numérique, ce droit est en mutation permanente. Dans cet épisode, retour sur sa genèse avec Arnaud Coustillière qui a été chargé de  la mise en place de la création de la cyberdéfense du Ministère et des Armées, avant d’entendre le quotidien de ceux qui adaptent ce droit aux innovations technologiques, avec Thomas Graindorge “legal advisor” au Ministère des Armées.

Les ressources citées dans cet épisode : 

  • L’article 82 du Protocole additionnel 1 aux Conventions de Genève : Les Hautes Parties contractantes en tout temps, et les Parties au conflit en période de conflit armé, veilleront à ce que des conseillers juridiques soient disponibles, lorsqu'il y aura lieu, pour conseiller les commandants militaires, à l'échelon approprié.

  • Les livres blancs de la défense et sécurité nationale 

  • Le rapport du Comité International de la Croix-Rouge sur “Le droit international humanitaire et les cyberopérations pendant les conflits armés"

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. Cet épisode a été tourné, écrit et monté par Marion Bothorel. Nicolas Vair en a fait la réalisation et le mix. Marine Quéméré a composé le générique de Clichés. L’illustration de cette saison est de Marine Coutroutsios. Elsa Berthault est à la coordination et l’édition, avec la contribution de Coline Beytout, Caroline Brandao et Giulio Zucchini.

Journalistes en terrains hostiles

Dans un conflit, les journalistes ont une position particulière : ni combattants, ni civils comme les autres. Leur statut interroge tandis que les images, les sons et les textes des reporters qui nous parviennent depuis les lignes de front sont d’une importance capitale. Comment le Droit International Humanitaire (DIH) s’empare-t-il de ce sujet particulier ? Pour couvrir ces terrains périlleux, les journalistes sont-ils formés et protégés ?

Alexandre Duyck est grand reporter. Il a couvert plusieurs zones de conflits, notamment les soulèvements populaires lors des Printemps Arabes, ou l’Afghanistan en tant que “journaliste embedded” avec l’armée. Il rend compte du dilemme qui s’impose aux journalistes partis sur le terrain : comment arbitrer entre sa propre protection et le devoir d’information ? 

Les ressources citées dans cet épisode :

  • Des ressources du Comité International de la Croix-Rouge sur le DIH, à l’intention des professionnels des médias

  • Le catalogue des formations humanitaires dispensées par la Croix-Rouge française

  • Plusieurs reportages d’Alexandre Duyck pour la Croix-Rouge française, à Lviv en Ukraine ici, ici, ici, ici ou ici


Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. Cet épisode a été tourné et écrit par Marion Bothorel. Il a été monté par Mélody Wattez et réalisé et mixé par Nicolas Vair. Marine Quéméré a composé le générique de Clichés. L’illustration de cette saison est de Marine Coutroutsios. Elsa Berthault est à la coordination et l’édition, avec la contribution de Coline Beytout, Caroline Brandao et Giulio Zucchini.

Le viol comme arme de guerre

Céline Bardet est juriste internationale, spécialiste des crimes de guerre et présidente d'une association qui lutte contre les violences sexuelles dans les conflits “We Are Not Weapon of Wars”. Elle oeuvre pour faire entendre que le viol est une arme de guerre aux conséquences dévastatrices et à penser autrement.

Cette conviction se forge au fil de ses expériences, notamment lorsqu’elle travaille au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et qu’elle reçoit le témoignage d’une femme ayant subi des viols par des officiers de l’armée bosniaque. C’est le point de départ du premier procès pour viol comme crime de guerre à Brčko : “derrière, moi, je veux changer la loi. Et évidemment essayer de rendre justice à Svieta.” Plus tard, c’est l’ampleur et la gravité des violences sexuelles dans le conflit en Libye, où les hommes étaient particulièrement visés, qui la bouleversent profondément et renforcent sa volonté de changer la manière dont les violences sexuelles sont prises en compte dans les conflits. C’est pourquoi l’ONG qu’elle dirige à présent souhaite garantir un espace sûr pour recueillir autrement le témoignage de victimes et développe Back-Up, une plateforme qui permet à des victimes de se signaler et de joindre des photos, en guise de preuves. Ces données sont stockées dans une base entièrement cryptée et sécurisée, qui pourront servir à l'ouverture d'une procédure judiciaire.

Les ressources citées dans cet épisode :

  • Résolution numéro 2467 du Conseil de sécurité des Nations Unies : Mettre fin aux violences sexuelles dans les conflits. 

  • Le documentaire "Libye - Anatomie d'un crime de guerre" de la réalisatrice Cécile Allegra. On y voit Céline Bardet et Emad, documenter les violences sexuelles imposées aux Libyens.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. Cet épisode a été tourné et écrit par Marion Bothorel. Il a été monté par Mélody Wattez et réalisé et mixé par Nicolas Vair. Marine Quéméré a composé le générique de Clichés. L’illustration de cette saison est de Marine Coutroutsios. Elsa Berthault est à la coordination et l’édition, avec la contribution de Coline Beytout, Caroline Brandao et Giulio Zucchini.

Le droit face au risque nucléaire

Le conflit en Ukraine a ravivé les peurs autour d'un accident nucléaire, entre les combats sur le site de Tchernobyl et les frappes près de la centrale de Zapporijja. Au cours de l’histoire, l’arme nucléaire a été utilisée à deux reprises par les États-Unis à Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, causant la mort de plus de 200,000 personnes, ainsi que des dégâts humains et environnementaux colossaux. Le grand-père et la mère de Mitchie Takeuchi ont survécu à cette catastrophe. Pourtant, elle explique qu’elle a “grandi en n’étant absolument pas au courant de la bombe atomique et de ce qu'avaient vécu les habitants d’Hiroshima”, parce qu’“être une victime de l’arme nucléaire renvoyait à un genre de stigmate et de discrimination.”

Depuis 1945, les essais nucléaires se sont multipliés et 9 États se sont dotés de l’arme atomique. Parallèlement, le droit international humanitaire s’est emparé de la question, afin d’interdire nommément les armes nucléaires. Engagé sur ce sujet, Jean-Marie Colin, président de ICAN France – la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires qui a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2017– revient sur l’itinéraire de ce combat.

Les ressources citées dans cet épisode :

  • Règle numéro 70 du droit coutumier : Il est interdit d’employer des moyens ou des méthodes de guerre de nature à causer des maux superflus

  • Article 1er du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires à retrouver ici en intégralité : Chaque État partie s’engage à ne jamais, en aucune circonstance : mettre au point, à l’essai, produire, fabriquer, acquérir (...) posséder ou stocker des armes nucléaires, ou autres dispositifs explosifs nucléaires.

  • La vidéo “Vous préféreriez quoi, vivre ou mourir ?” qui évoque plusieurs scénarios sur ce qui se passerait après une attaque nucléaire disponible sur le site de la Croix-Rouge française

  • Le film “The Vow from Hiroshima” de Susan Strickler consacré à Setsuko Therlow, une femme hibakusha

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. Cet épisode a été tourné et écrit par Marion Bothorel. Il a été monté par Mélody Wattez et réalisé et mixé par Nicolas Vair. Marine Quéméré a composé le générique de Clichés. L’illustration de cette saison est de Marine Coutroutsios. Elsa Berthault est à la coordination et l’édition, avec la contribution de Coline Beytout, Caroline Brandao et Giulio Zucchini.

Le droit de savoir

Alors que le conflit en Ukraine nous marque par sa violence, son absence de règles et de limites apparentes, la troisième saison de Clichés se consacre au Droit International Humanitaire. Aussi appelé “droit de la guerre”, il a pour but d’encadrer les conflits armés. Car même dans ces contextes, des règles existent et doivent être respectées, pour éviter l'horreur. 

Émilie Rammaert est déléguée au Rétablissement des Liens Familiaux au sein du Comité International de la Croix-Rouge à Kiev. Elle aide des hommes et des femmes à avoir des informations sur des membres de leur famille qui ont disparu. Dans le contexte du conflit actuel, sa mission pourrait sembler anecdotique. Moins nécessaire, par exemple, que porter secours aux blessés. Mais savoir ce qu’il est advenu d’un proche disparu est fondamental. Et c’est une obligation inscrite dans le Droit International Humanitaire.

Si cet épisode vous a plu, découvrez le parcours de Marion Huot et d’Alison Kalley, qui oeuvrent également pour le RLF.

Sachez aussi que les équipes françaises du RLF ont toujours besoin de volontaires.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. Cet épisode a été tourné, écrit et monté par Marion Bothorel. Il a été réalisé et mixé par Nicolas Vair. Marine Quéméré a composé le générique de Clichés. L’illustration de cette saison est de Marine Coutroutsios. Elsa Berthault est à la coordination et l’édition, avec la contribution de Coline Beytout, Caroline Brandao et Giulio Zucchini.

Charline Vincent : “Cette année, j’ai fait des câlins à beaucoup de patients”

Comment prendre soin de personnes qui ont été arrachées à leur pays ? C’est la problématique qui se pose à Charline Vincent, une infirmière chargée de coordonner, avec la Croix-Rouge française, la partie santé de l’accueil de personnes ukrainiennes de la porte de Versailles à Paris. Pour elle, il s’agit de rassurer les nouveaux arrivants et d’anticiper leurs besoins. C’est un accompagnement “humain”, qui va au-delà des nécessités en matière de santé.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Media, présenté par Sophie Alex-Bacquer.

Bénédicte Gilles a fait le montage de cet épisode. Nicolas Vair en a fait la réalisation et le mixage. Marine Quéméré en a composé la musique. Manon Heugel a réalisé l’interview de Charline Vincent. Elsa Berthault a aidé à la production. L’illustration est de Lucie Barthe-Dejean. Cet épisode a été enregistré au Studio La Fugitive à Paris. 

Pour en savoir plus sur la situation d’urgence en Ukraine, visitez le site de la Croix Rouge française.

Si vous souhaitez apporter votre aide, rendez-vous sur le site de la plateforme d’accueil, d’information et de soutien des personnes fuyant l’Ukraine.

Maria Paola Pannacciulli, transformer l’émotion en motivation

Maria Paola Pannaciulli est une habituée des situations d’urgence. Avant d’arriver en Ukraine pour travailler avec la Fédération internationale de la Croix Rouge, elle était en Afrique avec la Croix Rouge italienne. À présent, elle s’occupe de la coordination de l’action de tous les acteurs de la Croix Rouge dans le pays. Derrière le travail logistique, la réalité du terrain et les émotions qu’elle provoque sont un moteur essentiel, malgré la dureté des évènements.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média, présenté par Sophie Alex-Bacquer.

Bénédicte Gilles a fait le montage de cet épisode. Nicolas Vair en a fait la réalisation et le mixage. Marine Quéméré en a composé la musique. Manon Heugel a réalisé l’interview de Maria Paola Pannacciulli, qui a été traduite de l’anglais par Amélie Vrla et doublée par Chloé Aloma. Elsa Berthault a aidé à la production. L’illustration est de Lucie Barthe-Dejean. Cet épisode a été enregistré au Studio La Fugitive à Paris. 

Pour en savoir plus sur la situation d’urgence en Ukraine, visitez le site de la Croix Rouge française.

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Vladimir Sadovoï : la fuite, l’attente, l’espoir

Lorsque Kharkiv est bombardée, Vladimir Sadovoï se réfugie dans le métro avec sa femme, sa mère et son fils. Avant le début du conflit, ils travaillaient dans le milieu du bien-être. Mais lorsque la Russie envahit l’Ukraine, ils stoppent toute activité et se mettent à l’abri dans les souterrains bondés où résonne le bruit des explosions. Au bout d’un mois et demi, la famille part aux côtés de bénévoles qui les conduisent jusqu’à Loubny, une ville située entre Kharkiv et Kyiv. Comme tous les hommes de 18 à 60 ans, Vladimir et son fils doivent rester en Ukraine dans le cas où ils seraient appelés à défendre leur pays. Vladimir est reconnaissant envers sa famille d’être restée à ses côtés.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Media présenté par Sophie Alex-Bacquer. 

Anna Kononenko a fait le montage de cet épisode et a traduit en direct l’interview de Vladimir Sadovoï. Nicolas Vair en a fait la réalisation et le mixage. Marine Quéméré en a composé la musique. Manon Heugel a réalisé l’interview de Vladimir Sadovoï, dont la voix a été doublée par Olivier Martinaud, grâce à la traduction d’Alena Slesarenko. Elsa Berthault a aidé à la production. L’illustration est de Lucie Barthe-Dejean.

Vladimir Sadovoï remercie l'école de commerce de Loubny et le conseil municipal de Loubny. Vladimir et Louie Media remercient chaleureusement Vitalii Pozhar, de Radio Lubny, qui a gracieusement enregistré cette interview dans ses studios. 

Pour en savoir plus sur la situation d’urgence en Ukraine, visitez le site de la Croix Rouge française.

Si vous souhaitez apporter votre aide, rendez-vous sur le site de la plateforme d’accueil, d’information et de soutien des personnes fuyant l’Ukraine. 

Oksana et Vladimir, à la recherche d’un chez-soi

Réunir leur famille et partir : ce sont les premiers réflexes de survie d’Oksana et Vladimir, un couple originaire de Kyiv. Peu après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, ils se réfugient chez des amis dans un petit village français avec toute leur famille. Là, ils recommencent leur vie à zéro avec seulement quatre valises. Mais pour eux, “l’essentiel est d’être entouré des bonnes personnes”. A moyen terme, c’est en France qu’ils imaginent leur avenir. Et même si, pour le moment, la langue est encore une barrière pour eux, cela n’empêche pas leurs enfants de se faire des amis : “Elle joue avec d’autres filles, elles se prennent dans les bras à la sortie des classes, tout ça sans parler la langue.”

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. 

Anna Kononenko a fait le montage de cet épisode. Clémence Reliat a fait la réalisation et le mixage de cet épisode, Marine Quéméré en a composé la musique. Manon Heugel a réalisé l’interview d’Oksana et Vladimir, dont les voix ont été doublées par Kim Schwarck et Mathieu Saccucci. Les traductions sont d’Olena Gontcharova et Alena Slesarenko. Elsa Berthault a aidé à la production.  L’illustration est de Lucie Barthe-Dejean.

Pour en savoir plus sur la situation d’urgence en Ukraine, visitez le site de la Croix Rouge française.

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Anastasiia Grieve : “Je ne me considère toujours pas comme réfugiée”

Anastasiia a 29 ans. Le 24 février 2022, son destin a basculé. Au petit matin, elle a été réveillée par des bruits inconnus qui ont confirmé ce que beaucoup pressentaient mais n’osaient croire : Kyiv a été attaqué. Alors pour elle, a commencé le chemin de l’exode dans un train bondé et sans lumière. Après un passage en Pologne, elle est aujourd’hui à Berlin, loin de sa mère, qui n’a pas voulu quitter sa maison, son jardin, son travail.

Sortir des Clichés, c’est découvrir qu’il n’est pas nécessaire d’être un héros pour passer à l’action. Dans cette nouvelle saison consacrée à la situation en Ukraine, vous entendrez le témoignage de personnes ayant fui le conflit, leur vécu, leur parcours et leurs combats, et celui de salariés et bénévoles de la Croix-Rouge française qui sont présents pour les accueillir, les accompagner et les orienter. Ces récits viennent rappeler que toutes ces personnes sont parfois vulnérables et impuissantes face aux événements, mais qu’elles peuvent aussi déplacer des montagnes en s’engageant pour elles et pour les autres.

Clichés est un podcast produit par la Croix-Rouge française et Louie Média présenté par Sophie Alex-Bacquer. 

Elsa Berthault a fait le montage de cet épisode et a aidé à la coordination, Nicolas Vair en a fait la réalisation et le mixage, Marine Quéméré en a composé la musique. Manon Heugel a réalisé l’interview d’Anastasiia Grieve, dont la voix a été doublée par Marie Bénédicte Cazeneuve. L’illustration est de Lucie Barthe-Dejean.

Pour en savoir plus sur la situation d’urgence en Ukraine, visitez le site de la Croix Rouge française

Si vous souhaitez apporter votre aide, rendez-vous sur le site de la plateforme d’accueil, d’information et de soutien des personnes fuyant l’Ukraine. 

Brice Laurent, le fils de coeur

ILLUSTRATION: BRICE LAURENT

ILLUSTRATION: BRICE LAURENT

«Je tombe d’un coup au fond de mon canapé. Je ne trouve pas de sens.» Brice Laurent est directeur artistique. Il dessine, écrit et crée du contenu pour des entreprises, des associations ou des projets en construction qui le font vibrer: «Mon métier c’est assez particulier parce que, j’ai conscience que ce que je fais n’aurait aucun impact si je ne le faisais pas pour des gens qui eux, ont de l’impact».  Il y a quelques mois, à l’hiver 2019/2020, il était au plus mal: «Je suis comblé au niveau du travail, mais dans ma vie perso, il y a quand même un vide». Il est «abattu»  par toutes les épreuves qu’il a vécu les mois et années précédentes et qu’il nous raconte dans cet épisode. 

Brice Laurent n’est pas bénévole, salarié ou étudiant de la Croix Rouge mais il est engagé. Il incarne les vulnérabilités et l’engagement dont il a été question dans tous les épisodes de ce podcast. Nous vous partageons son histoire parce qu’elle est à la genèse de la réflexion de Sophie Bacquer. C’est elle qui a créé le projet Clichés qui au-delà d’un podcast est un projet européen sur l’engagement et les vulnérabilités. C’est ensuite Brice Laurent qui lui a permis de donner vie à ce projet en créant tout son univers visuel. C’est également cette expérience qui lui a permis de sortir de sa torpeur: «On monte les concepts comme ça, par des sms, des coups de fil, on s’entend tellement bien sur pourquoi on veut faire ce projet. À changer l’idée de ce qu’on se fait de la solidarité «ah tenez je vous donne dix centimes», un peu misérabiliste. Et puis, voilà, on veut vraiment donner une dimension pleine d’énergie et de possibles autour de ce que c’est de venir en aide, de repartir à l’action alors qu’on […] se sentait incapable». L’une des idées premières est de montrer qu’agir permet d’aider les autres mais permet aussi souvent de se sauver soi-même. 

La vie de Brice Laurent, les épreuves physiques et psychologiques permettent de mettre en lumière comment, même lorsque que l’on se dit « je suis plus une personne, voilà. Je suis 80% d’une personne » il est toujours possible d’agir. 

Sophie Bacquer a créé le projet Clichés avec Brice Laurent et c’est l’un des projets d’une vie. Sophie Bacquer est l’une des quatre lauréates intrapreneur de 21, l’accélérateur d’innovations sociales de la Croix Rouge. 

À la fin de cette première saison, nous voulions tou.te.s vous remercier sincèrement pour votre écoute. C’est aussi de cette manière que vous nous soutenez. Merci à Charles-Olivier, Sabrina, Thibaut, Isabelle, Maha, Colette, Marion, Perrine, Simon et Brice. Merci également à toutes les personnes qui ont répondu à nos questions, qui se sont livrées à nous ces dernières semaines.    

Clichés est un podcast co-produit par La Croix-Rouge française et Louie Media et présenté par Sophie Bacquer. Nicolas Vair a fait la réalisation et le mixage de cet épisode. Marine Quéméré en a composé la musique. Maud Benakcha a réalisé toutes les interviews de cette série. Elle était également à l’édition et à la coordination du podcast.

Simon Doreille, briseur de tabous

Baigner dans une culture qui nous est complètement inconnue, combattre ses propres préjugés,  faire preuve de sensibilité pour partager son savoir-faire et accompagner des sociétés nationales qui viennent en aide aux populations locales, c’est la mission de Simon Doreille. Référent technique au Moyen-Orient pour la Croix-Rouge française, il assure la coordination et la cohérence des interventions techniques en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement lors de catastrophes humanitaires ou de conflits. 

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

Ingénieur de formation, il s’est tourné vers l’humanitaire en 2010. « Je me suis dit que je voulais travailler dans l’humanitaire. Voir un peu de pays, redonner un peu de ce que je pouvais recevoir. Je me suis dit que j’allais faire ça pour six mois, et donc j’ai postulé à toutes les offres d’emploi que je trouvais dans l’humanitaire ». (2’14) Sa première mission: le Pakistan, à la suite des inondations de 2010 qui ont fait plus de 1600 morts.

Neuf ans plus tard, il est toujours en mission. Actuellement basé au Liban, il appuie les sociétés nationales - le Croissant-Rouge syrien, le Croissant-Rouge irakien et la Croix-Rouge libanaise. « Quand il y a une catastrophe humanitaire,  là celle qu’on a en ce moment,  on a en trois: la guerre civile en Syrie, l’instabilité et la guerre en Irak et le Covid. Donc quand il y a ces évènements, c’est s’assurer que la population a accès à une eau potable de qualité, s’assurer qu’on gère les déchets - les déchets, ça peut être les cacas ou les poubelles solides - et mettre en place des mesures d’hygiène que les gens les appliquent pour éviter que les épidémies se répandent dans ces contextes qui sont souvent un peu précaires ». (7’30)

Au cours de son engagement, il s’est rendu compte qu’il y avait plusieurs tabous à briser, dont celui des menstruations. Avec une approche participative, il organise des ateliers sur l’hygiène menstruelle et souhaite créer un lien  avec les communautés avec lesquelles il travaille. « Mon objectif, l’objectif de la Croix-Rouge française et des sociétés nationales avec qui on travaille c’est d’avoir des communautés qui sont aptes à s’aider eux-même. À s’organiser pour être plus fort et résoudre les problèmes qui sont souvent terribles qu’ils ont. On essaye d’éviter le cliché de l’humanitaire blanc qui apporte des choses qui ne sont pas forcément utiles dans un contexte qu’il connaît pas, mais on essaie d’être au plus proche des communautés. » (12’18)

Comme Simon Doreille, chaque année, une cinquantaine de Français se joignent aux missions internationales de la Croix-Rouge française pour apporter leur expertise afin de répondre au principe d’humanité, celui de « prévenir et alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes ».

Clichés est un podcast co-produit par La Croix-Rouge française et Louie Media et présenté par Sophie Bacquer. Nicolas Vair a fait la réalisation et le mixage de cet épisode. Marine Quéméré en a composé la musique. 

 Si vous êtes étudiant.e, salarié.e ou bénévole à La Croix Rouge française et que vous voulez raconter votre histoire autour de votre engagement, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à clichespodcast@gmail.com

Perrine Junier, jeune soignante

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

Au Québec, l’expression “être une vieille âme” désigne une jeune personne, très mature pour son âge, qui grâce à sa sensibilité et son empathie peut se mettre à la place des autres, les comprendre et les aider. C’est quelqu’un.e, qui dès l’adolescence fait déjà preuve de sagesse et d’humilité.

À 18 ans, Perrine Junier se cherche un emploi. Elle devient aide soignante dans un foyer d’accueil médicalisé et s’occupe de personnes en situation de polyhandicap. Dans cet établissement elle se rend vite compte qu’elle doit apprendre toute une autre manière de s’exprimer. « On s’adapte, on adapte notre langage, on adapte nos gestes, parce qu’on communique plus avec les bras, le regard prend toute son importance, le non verbal en fait prend tout son sens. Et le verbal accompagne ce que dit notre  corps avec eux » (3’42) 

Aujourd’hui, âgée de 22 ans, elle suit des études d'infirmière à l’institut de formation de la Croix-Rouge à Quetigny. En France, ils.elles sont près de 20 000 étudiant.e.s qui suivent une formation sanitaire et sociale de la Croix-Rouge. En parallèle, en octobre 2018, elle devient bénévole au sein des maraudes. « Les maraudes c’est une mission de la Croix-Rouge dans lesquelles on va à la rencontre de personnes défavorisées, de sans-abris de personnes dans le besoin pour leur apporter de la nourriture et surtout du lien social. Du coup, on est amené à rencontrer pendant ces maraudes beaucoup de personnes totalement différentes. Ça peut être de jeunes migrants, ça peut être des adultes, des hommes, des femmes, qui sont à la rue depuis 5, 10, 20 ans ou alors qui sont à la rue depuis deux jours et qui ne savent pas comment ils en sont arrivés là.» (8’43) 

Lors de la crise du Covid-19, elle travaille semaine comme weekend. Malgré la fatigue, elle apporte son soutien et devient stagiaire dans un Centre provisoire d’hébergement (CPH) qui accueille des personnes réfugiées. « Habituellement, il n’y a pas d’infirmier dans ce centre. Avec l’arrivée de la crise sanitaire, ils ont eu besoin de ce regard sanitaire pour qu’on puisse mettre en place des préventions, aider les travailleurs, mais également les personnes accueillies à respecter les bons gestes, une surveillance des symptômes, savoir si oui ou non il y a des personnes contaminées, les risques, les personnes à risques. » (12’52) 

Avec le Covid-19, la Croix-Rouge française a constaté une hausse de 20% de sans-abris à Paris et de 50% à Rennes

Clichés est un podcast co-produit par La Croix-Rouge française et Louie Media et présenté par Sophie Bacquer. Nicolas Vair a fait la réalisation et le mixage de cet épisode. Marine Quéméré en a composé la musique. 

Si vous êtes étudiant.e, salarié.e ou bénévole à La Croix Rouge française et que vous voulez raconter votre histoire autour de votre engagement, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à clichespodcast@gmail.com

Marion Huot, enquêtrice pour fratries séparées

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

Devoir partir de chez soi pour des raisons humanitaires, ça peut signifier laisser sa maison, ses biens et ne partir qu’avec une seule valise. Partir de chez soi ça peut aussi vouloir dire quitter ou perdre ses proches. C’est se demander constamment où se trouve son frère, sa soeur, sa mère, son père. Espérer qu’il.elle.s sont en sécurité, qu’il.elle.s sont encore vivant.e.s. 

Pour retrouver les membres d’une famille séparée par des guerres, par des catastrophes naturelles ou par la route de la migration, Marion Huot, officier de recherche à la Croix-Rouge française depuis 2018 accompagne les familles dans leurs quêtes. « On va essayer de retrouver les personnes disparues. On s’appuie sur le fait qu’il y la Croix-Rouge ou le Croissant-Rouge dans pratiquement tous les pays du monde et dans chaque pays il y a des personnes comme moi qui travaille pour essayer de retrouver des proches disparus sur demandes des familles. » (2’09) Cela peut être directement les membres d’une famille qui la contactent ou la Croix-Rouge d’autres pays.

C’est après un stage d’études en 2015 en Grèce au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugié.e.s qu’elle a voulu s’engager dans l’humanitaire..« En me rendant dans ces camps, je me suis retrouvée face à quelque chose dont je n’étais pas forcément préparée. Je me souviens de ce camp qui était en périphérie d’Athènes. C’était des rangées et des rangées d’Algeco, de petits appartements préfabriqués où les familles s’entassent. Et en plein soleil,  le sol était du goudron, c’était au milieu d’une zone industrielle. C’était vraiment marquant comme vision, et on se demande si on est en train vraiment de les accueillir d’une manière digne et de leur proposer quelque chose pour le futur.» (6’03) Marquée à vie par cette expérience, elle réussit à convaincre l’administration de son école et part aider un centre de dons à la « Jungle de Calais », où se trouvent plusieurs camps de réfugié.e.s en France.

Elle intègre par la suite l’équipe de la Croix-Rouge française et devient volante en zone Haute-France, c’est-à-dire qu’elle se déplace dans la région pour faire des entretiens avec ceux.celles qui souhaitent retrouver les membres de leur famille.  Certaines rencontres ont été très touchantes, dont celle d’un adolescent de 16 ans qui a perdu la trace de sa famille à l’âge de 11 ans en quittant l’Afghanistan.  « Pendant l’entretien, je lui ai aussi proposé de publier sa photo sur le site internet “Trace The Face”, un site qui a été créé par la Croix-Rouge pour que justement les personnes qui sont à la recherche d’un proche publient des photos à elles en disant: “voilà je suis à la recherche de mon père, de mon frère, etc. Il a donc accepté et on a publié sa photo.” » (12’16) Comme Marion Huot qui travaille sur plus de 200 dossiers de recherches, ils.elles sont plusieurs à collaborer au sein des équipes des 191 pays où se trouvent la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge pour réunir ces familles qui ont dû fuir leur pays natal.

Clichés est un podcast co-produit par La Croix-Rouge française et Louie Media. Il est présenté par Sophie Bacquer. Nicolas Vair a fait la réalisation et le mixage de cet épisode. Marine Quéméré en a composé la musique. 

Si vous êtes étudiant.e, salarié.e ou bénévole à La Croix Rouge française et que vous voulez raconter votre histoire autour de votre engagement, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à clichespodcast@gmail.com

Colette Biot, humanitaire en milieu rural

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

Lorsque l’on rencontre quelqu’un.e, l’une des premières questions qui est souvent posée est « et toi, tu viens d’où? » Pour certain.e.s, cette question peut-être banale ou même agaçante, mais pour d’autres, elle génère un sentiment de fierté et permet à la personne de parler affectueusement du lieu où il.elle a vécu. C’est le cas de Colette Biot, 78 ans. Depuis huit ans, elle tient les rênes de la mission itinérante Croix-Rouge sur Roues qui se promène de villages de villages dans sa région natale, la Haute-Saône.


Photographe professionnelle pendant 35 ans, Colette Biot a toujours sillonné les routes de son département pour capturer des instants importants de la vie des gens comme les mariages, ou les photos de famille. En 2003, elle prend sa retraite et se tourne vers le dessin. Mais, elle se rend vite compte qu’il lui manque le contact humain. « La photo, on partageait avec des clients, mais le dessin, j’avais pas grand-chose à partager en fait, c’était tourné vers moi. Donc j’ai décidé qu’il fallait que je donne un peu de sens à ma vie. Et à c’est à ce moment-là, j’ai vu un avis dans la presse quotidienne de la Haute-Saône que l’on cherchait des bénévoles à la Croix-Rouge. Alors je me suis dit “ chic je vais vite aller me présenter ”. »  (5’21) Dès la première rencontre, elle s’engage auprès de l’organisation et devient bénévole.

Elle suit des formations, puis devient responsable de l’action sociale. En 2012, elle met sur pied la mission Croix-Rouge sur Roues dans son département. « On créait un dispositif qui allait à la rencontre des personnes en précarité en milieu rural. Tout de suite ça m’a parlé cette histoire-là, ça correspondait absolument à un besoin dans notre département parce que nous avions dans notre département des antennes fixes dans les villes, dans les bourgs plus importants, mais en milieu rural, il n’y avait rien. Il y avait des tas de villages loin de tout où il y avait aucune possibilité d’interventions des organismes, ils n’allaient pas là. »  (7’58)  Cette initiative qui vise à couvrir le plus grand territoire possible souhaite aussi briser l’isolement des résidents des coins oubliés de sa région. 

En plus de l’aide alimentaire et des dons de vêtements, Colette Biot veut instaurer un climat de confiance avec les résident.e.s, qui peuvent, selon elle, être plus réticent.e.s à leur dispositif: « On a un rôle important qui est rompre l’isolement dans les campagnes parce que nous avons affaire à souvent à des personnes âgées, qui vivent seules, qui sont loin de tout, qui n’ont pas forcément de la famille et qui vivent dans une très grande solitude, donc aller vers eux, ben c’est rompre l’isolement,  leur apporter quelque chose bien sûr, mais aussi les orienter, les conseillers pour bénéficier des aides sociales. » (14’03) Au fur et à mesure, l’arrivée de cette équipe de bénévoles a réussi à créer un réseau de soutien dans les  zones rurales.

Loin de prendre sa deuxième retraite, Colette Biot ne se voit pas « vivre sans la Croix-Rouge ».  Elle continue de rouler d’un village à l’autre et est heureuse de faire partie du dispositif la Croix-Rouge sur Roues qui vient en aide chaque semaine à plus de 130 familles dans 150 villages. 

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Maha Habib, accueillante en terre étrangère

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

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Après trois ans à vivre sous les bombardements, Maha Habib a un déclic. Son mari et elle résistent quotidiennement en Syrie, mais qu’en est-il de l’avenir de leur fille ? Comme ils ne voient pas d’issues positives à la situation, ils prennent la décision douloureuse de partir. Ils obtiennent un visa pour la France et sont accueillis par une amie dans la ville de Tours. 

Mais comme ni elle, ni leur fille, ni son mari n'était jamais venu dans l'hexagone, tout leur semble étranger. « Il y avait quelque chose d’étrange, comme la langue, le système, comment on prend le bus, la géographie, c’était quelque chose qu’on doit apprendre comme les enfants, du début, à zéro. Mais en même temps, j’étais pleine pleine d’espoir, je vais apprendre la langue très vite, je vais commencer ma vie ici, je dois chercher un travail. » (5’17) Elle suit des cours dans plusieurs associations dont la Croix-Rouge française et se démène pour progresser, vite. 

Après plusieurs mois, cette ancienne pharmacienne veut trouver du travail. Mais pas question de retourner dans son ancienne profession: elle veut aider. Avec l’arabe comme langue maternelle, elle aide à l’accueil des nouveaux.elles  arrivant.e.s « Quand j’ai commencé la première semaine, quand le téléphone sonnait, je tremblais. Souvent je ne comprends pas… je dois dire “ Monsieur, vous pouvez parler doucement s’il vous plaît ? Est-ce que vous pouvez répéter s’il vous plaît ? Je n’ai pas compris, je dois passer la communication à ma collègue. ” Et plusieurs fois, il y a des gens qui m’ont dit : “ Pourquoi la Croix-Rouge engage quelqu’un qui ne parle pas le français, et qui ne comprend pas le français ? ” Au contraire, il y a des gens qui vraiment comprennent très bien. Et qui m’ont dit “ ah ok, je répète volontier ”. C’était une expérience assez difficile, assez riche et assez intéressante en même temps. » (10’12)

Pour aller encore plus loin dans son engagement, Maha Habib suit une formation en droit humanitaire spécialisé dans les conflits armés: « Avec la Croix-Rouge et pendant les formations, j’ai compris qu’il y avait une loi internationale qui protège les civils les enfants les femmes, tout le monde qui ne participe pas ou plus aux hostilités. C’était vraiment la motive qui m’a donné l’envie de continuer dans ce domaine pour diffuser ces lois pour apprendre et enseigner ces lois à tout le monde. » (16’12)

Comme Maha Habib, vous pouvez vous aussi accueillir  les nouveaux.elles arrivant.e.s à la Croix-Rouge française et les guider dans leurs premiers pas en France.

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Thibaut Jamin, bénévole en première ligne

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

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Lorsqu’une catastrophe survient, certains ressentent de la tristesse, de l’incompréhension ou de l’empathie. Pour d’autres, c’est un mélange bouillonnant d’émotions qui enclenche chez eux une volonté d’agir. Mais par où commencer? Démuni.e.s par leur manque d’expérience, plusieurs se sentent inutiles face à leur incapacité à secourir les victimes. C’est justement ce sentiment qu’a vécu Thibaut Jamin lors des attentats de 2015 à Paris et qui l’a poussé à s’engager auprès de la Croix-Rouge française: « Je me suis senti particulièrement touché du fait de mon métier, parce qu’il s’est passé des choses dans les salles de concert et moi à l’époque j’étais régisseur dans les salles de spectacles aussi. Ça a été le moment pour moi un peu de me poser les questions sur ce que j’avais envie de faire de plus que mon métier et peut-être que je pouvais apporter mon aide dans certains domaines ». (2’03) Pour combler son sentiment de frustration et de colère, il décide, à ce moment-là de suivre une formation de premiers soins. 

Depuis maintenant trois ans, d’incendies en accidents, Thibaut Jamin accompagne les troupes médicales en arborant son manteau rouge et blanc, symbole de la Croix-Rouge française. Cet équipier secouriste - qui porte secours aux personnes blessées - est aussi responsable des missions de secours à  l’unité locale du 9e arrondissement de Paris. Pendant le Covid-19, il n'a pas hésité une seconde à continuer de s’engager, et à aider.  « Le jour où j’ai appris le confinement, j’ai voulu tout de suite référencer tout ce que je pouvais référencer, me préparer.  J’ai relavé mon uniforme, j’étais prêt à partir tout de suite, mais c’est pas le bon réflexe, c’est pas comme ça que ça se passe, il faut que ça s’organise (…) sinon on risque de créer un suraccident, c’est-à-dire envoyer des bénévoles sans consignes suffisamment précises, et potentiellement créer encore plus de victimes ». (6’24)

Le weekend du 4 et 5 avril, Thibaut Jamin a participé à une opération assez inédite. Appelée « Chardon 7 », cette mission avait pour but de déplacer des victimes stables du Covid-19 dans un train médicalisé depuis Paris vers la Bretagne. « Le principe, c’est de mettre des patients en réanimation dans des trains, et de les emmener dans des hôpitaux de France, qui sont moins touchés par le Covid-19. C’est une activité qui avait été pensée suite aux attentats de 2015 pour évacuer un grand nombre de victimes dans des hôpitaux qui auraient des places disponibles […] Quand le train part, mon rôle comme les autres secouristes, c’était de faire le lien entre le rez-de-chaussée qui était devenu un hôpital de réanimation complet avec des médecins, du matériel de réanimation (…) et puis les étages du train qui étaient des zones de vie avec des pharmacies complètes comme dans un hôpital, avec des points logistiques, des réserves d’oxygène, des batteries de secours ». (8’20)

 Aujourd’hui, il.elle.s sont près de 9 000 intervenants secouristes auprès de la Croix-Rouge française à partager cette même vocation et à venir quotidiennement en aide aux personnes touchées par des catastrophes. 

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Sabrina Albayrak, protectrice des libertés

ILLUSTRATION : BRICE LAURENT

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En 2060, quel âge aurez-vous? À 80, 90 ou 100 ans, dans quelles conditions de vie aimeriez-vous finir votre existence? Ferez-vous partie de ces un Français sur trois qui auront plus de 60 ans? 

Sabrina Albayrak, elle, a commencé sa vie dans une maison de retraite : «À un moment donné de notre vie, on a dû partir de chez nous et on a été relogés dans un appartement de fonction qui était au-dessus de la maison de retraite où travaillait ma mère, qui est aide-soignante auprès des personnes âgées. Du coup, le fait de vivre au-dessus de cette maison de retraite, ça veut dire que j’étais presque en permanence – quand je n’étais pas à l’école – dans l’établissement, avec les personnes âgées, avec les professionnels, avec les familles qui y étaient». (2’13). À six ou sept ans, à peine savait-elle lire et écrire qu’elle observait déjà le quotidien des personnes âgées: «J’y ai vu des choses incroyables! J’ai vu des couples se former, j’ai vu des fêtes extraordinaires sur plein de thèmes. J’ai vu des personnes âgées danser, chanter, être très heureuses». (2’51) Mais elle y a également découvert l’envers du décor:  «Quand on est une personne extérieure et qu’on vient étudier des phénomènes comme la maltraitance, les inégalités, le non-respect des libertés. Eh bien, ce sont des choses qu’on ne peut pas voir. Il faut vraiment faire partie d’une structure pour comprendre toutes ces choses». (5’09) Elle a vu la maltraitance vécue par les résidents: «Ce que je me suis demandé à ce moment-là, c’est pourquoi on pouvait autant se permettre de faire de l’ingérence dans la vie d’une personne âgée. Est-ce qu’une personne âgée a moins de capacités à prendre des décisions? Est-ce que, à un moment donné, il y a un âge qui fait qu’on n’est plus considérés comme un être à part entière? Eh bah la réponse, je l’avais déjà! C’était non». (6’21)

C’est à partir de là qu’elle a eu le déclic de se dire qu’elle voulait travailler à améliorer la vie des résident.e.s et des soignant.e.s qui eux.elles aussi subissent beaucoup de mauvais traitements. Depuis la primaire, elle n’a rien lâché! Ses études, ses petits boulots: tout a été centré pour atteindre ce but. En 2016, elle reprend même ses études pour écrire une thèse qui l’a notamment conduite à une conclusion:  «Le facteur le plus protecteur d’une qualité de vie dite positive pour les personnes âgées, c’est le respect des libertés. C’est pas le nombre de visite qu’elle va recevoir par semaine. C’est pas son état de santé. C’est pas ses troubles de la mémoire. Mais c’est bien cette notion de liberté». (8’35)

Aujourd’hui elle est docteure en santé publique, sociologue du vieillissement et directrice de la start up Arbitryum qui accompagne les Ephad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) à mesurer et à améliorer la qualité de vie des soignant.e.s et des résident.e.s. Cette création de start up a notamment été rendue possible par 21, l’accélérateur d’innovation sociale de La Croix-Rouge française. Un partenariat qui lui a également permis de créer, pendant la crise du Covid-19, Entraide, une plateforme gratuite qui permet aux soignant.e.s d’un côté et aux accompagnant.e.s de l’autre, d’échanger chacun.e entre eux.elles pendant la crise sanitaire. Sabrina Albayrak n’est pas représentative de la première image que l’on se fait d’une personne qui aide. Et pourtant, elle travaille à améliorer les conditions de vie de l’ensemble des personnes âgées à l’échelle de toute la France. 

Clichés est podcast co-produit par La Croix-Rouge française et Louie Media. Il est présenté par Sophie Bacquer. Nicolas Vair a fait la réalisation et le mixage de cet épisode. Marine Quéméré en a composé la musique. 

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